Laura Lussaud, adhérente depuis l'âge de 13 ans, plus jeune membre de toute l'histoire du comité central, élue en 2007 à l'âge de 17ans, vient d'être exclue par Mme Le Pen, sans passer par la "case" commission de discipline. Motif invoqué : participation à la manifestation du 14 janvier à Lyon organisée par les Jeunesses nationalistes en hommage à nos soldats morts en Afghanistan. Mlle Lussaud portait une des 78 croix symbolisant les 78 soldats sacrifiés sur l'autel du mondialisme - 82 aujourd'hui.
Dans un entretien accordé à la revue homosexuelle Têtu, la présidente du Front National a déclaré récemment : « je conçois qu'on puisse avoir un avis divergent du mien, je suis pour la démocratie de dialogue » (MLP Têtu, Décembre 2011). Cette "démocratie de dialogue" est à deux vitesses. Aujourd'hui, au Front national mariniste, il est préférable d'avoir un passé mégrétiste ou gauchiste, cégétiste ou trotskyste, plutôt que de s'afficher avec des nationalistes.
Le motif officiel de l'exclusion de cette militante exemplaire est le non-respect de l'article 6 des Statuts qui stipulerait que « l'adhésion au FN n'est pas compatible avec aucune appartenance à un autre Parti ou Mouvement politique, quel qu'il soit. Le membre du Front national qui enfreindrait cette règle serait automatiquement exclu ». Mais pourquoi ce qui vaut pour les nationalistes ne l'est plus quand ils 'agit de membres affichés de la franc-maçonnerie ou de mouvements identitaires ? En fait, Laura Lussaud, après bien d'autres, a le tort de ne pas souscrire à la politique de dédiabolisation qui est une politique de trahison des fondements de tout mouvement nationaliste.
La fin justifie peut-être les moyens mais jamais les reniements. La présidente du Front National a beau courtiser les responsables de la communauté juive américaine et israélienne, elle ne reçoit toujours pas ses trente deniers : ses 500 promesses de parrainage.
Il est démontré une fois de plus que seule la vérité rend libre et que les compromissions vous enchaînent avant de vous tuer
Front national. Activiste de l’Œuvre française, Yvan Benedetti, exclu du FN, avait animé une conférence de presse très hostile à Marine Le Pen en marge de son université d’été
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Bien qu’il soit un de ses proches et qu’il dise lui conserver son amitié, Bruno Gollnisch, président du groupe FN à la Région, a décidé de se passer des services d’Yvan Benedetti à la fin de son CDD le 31 décembre comme chargé de mission du groupe. Cette décision fait suite à la conférence de presse que le conseiller municipal de Vénissieux avait tenue il y a trois semaines en marge de l’université d’été de Marine Le Penn à Nice, après son exclusion du parti. « Je l’avais prévenu, indique le député européen, quelqu’un qui critique le FN, en plus le jour de ses journées d’été, ne peut travailler avec ses élus. Ce n’est pas une sanction, juste une incompatibilité ». Yvan Benedetti (qui n’a pas répondu à nos sollicitations) est une personnalité bien connue dans les différents milieux et réseaux d’extrême droite. Il est un disciple de Pierre Sidos, dirigeant de l’Œuvre française. La question se pose maintenant de savoir s’il y a également incompatibilité pour le conseiller régional Alexandre Gabriac, toujours membre du groupe FN, présent à la conférence de presse de Nice : « Il faudra examiner cela, concède Bruno Gollnisch, mais pour l’heure il ne me paraît pas entièrement remis de son agression fin août »
«Ecoutez, je n'ai jamais rencontré le diable, à part vous!», lance l'avocat Gilbert Collard aux journalistes qui l'interrogent sur la stratégie de «dédiabolisation» de Marine Le Pen. Avant de se jeter dans les bras du souverainiste Paul-Marie Coûteaux, l'autre nouvelle recrue du comité de soutien de la candidate à la présidentielle.
Ce duo a été au cœur de la première de ces Journées d'été du Front national, réunies ce week-end à Nice, à l'Acropolis. De même que le ralliement, annoncé samedi, sur le site Causeur.fr, du chiraquien et ex-patron des RG, Yves Bertrand.
«J'ai déjeuné avec lui, on a discuté politique, il a quelques compétences indéniables dans ce domaine», sourit Marine Le Pen, pas mécontente de l'effet de sa «surprise». «Il serait prêt à rejoindre le comité de soutien. Maintenant, c'est le travail de Gilbert Collard (Ndlr président du comité de soutien de la candidate)», dit-elle. «Un ami commun» les a mis en contact, confirme-t-elle. (l'intéressé a reconnu dimanche des contacts mais a démenti tout ralliement).
La présidente du FN a également mis en avant un autre débauchage à droite: Alain Dumait, ancien maire (UDF) du deuxième arrondissement de la capitale, fondateur de l'association «Contribuables Associés».
Alexandre Gabriac et Yvan Benedetti tiendront une conférence de presse
afin de clarifier la situation après la série d'exclusions intervenue avant l'été au sein du Front National
Si vous désirez y participer, il convient au préalable de s'inscrire
- soit par retour de courriel
- soit en téléphonant au 06 98 19 89 52
Gollnisch: "Je regrette que Marine Le Pen ait suspendu Benedetti"
Son bras droit suspendu du Front national par Marine Le Pen, Bruno Gollnisch ne décolère pas. Mais n'envisage pas de quitter le parti.
Après la vague d'expulsion de plusieurs de ses soutiens en avril dernier, Bruno Gollnisch perd à nouveau une pièce maîtresse. Accusé notamment d'avoir tenu des propos antisémites sur le site Trans-Europe-Extrêmes (écrit par des étudiants en journalisme de l'ESJ Lille - ndlr), Yvan Benedetti, son bras droit, vient d'être suspendu du parti pour deux ans par Marine Le Pen. Une décision que "regrette vivement" l'eurodéputé nationaliste.
Comment réagissez-vous à l'exclusion d'Yvan Benedetti?
Je regrette vivement cette suspension "temporaire" qui revient en pratique à une exclusion définitive. D'une part, parce que je crois dangereux de se fonder sur des propos ou comportements rapportés par des éléments hostiles sur des sites d'extrême-gauche; comme le propos antisémite démenti par l'intéressé. D'autre part, parce que cette décision affaiblit l'opposition au député-maire communiste de Vénissieux, André Gerin, dont Yvan Benedetti était le plus farouche opposant.
Enfin, je crois qu'un spectre très large de sensibilités doit se réunir pour assurer le succès de la candidature de Marine Le Pen à l'élection présidentielle. Nous avons des ralliements qui viennent même de la gauche ou de l'extrême-gauche. Il ne faut pas donner à penser à la mouvance nationaliste, même radicale, qu'elle en est exclue.
Plusieurs de vos soutiens on déjà été exclus en avril. Avez-vous l'impression que, derrière ces vagues d'exclusions, c'est vous qui êtes ciblé?
Il serait navrant que ces exclusions en donnent l'impression.
Votre influence a grandement diminué au sein du Front national. Pourquoi restez-vous?
Je ne suis pas un gardien du temple
Le Front National n'est ni une fin en soi, ni un moyen d'assouvir je ne sais quelle ambition personnelle: c'est un instrument politique au service de la restauration de la France, de sa prospérité, de sa sécurité, de son identité, de son indépendance, de ses libertés. Cet instrument est sans doute imparfait, mais existe-t-il aujourd'hui en France un outil plus efficace et mieux approprié? Je ne le crois pas. Et tant qu'il en sera ainsi, j'ai l'intention de servir la cause que j'ai toujours servie au sein de ce mouvement.
Vous êtes un fidèle parmi les fidèles. Comment réagissez-vous lorsque vous voyez d'anciens mégrétistes (qui ont quitté le FN lors de la scission en 1999 - ndlr) truster aujourd'hui les postes les plus importants au sein du FN?
Je suis pour le pardon des offenses, qui est à la fois moralement louable et politiquement utile. Je n'ai à cet égard aucune arrière-pensée. Ceux qui sont revenus sont les nôtres à part entière, c'est très bien. Je souhaite seulement qu'ils manifestent à leur tour de l'indulgence à l'égard de ceux qui sont, pour une raison ou pour une autre, en délicatesse avec la discipline du mouvement. Tant qu'il ne s'agit pas, bien sûr, de sabotage délibéré.
En février 2001, Jean-Marie Le Pen vous désignait comme son successeur le plus légitime. Etes-vous l'un des derniers défenseurs du Front national des origines?
Je ne suis certes pas le gardien d'un temple à la fondation duquel, d'ailleurs, je n'ai pas participé. Je crois défendre un intérêt national compatible avec des valeurs universelles. Je suis résolument moderne, et favorable aux nécessaires évolutions. Mais je crois qu'il n'y a de modernité viable qu'enracinée dans la tradition. C'est en partie le legs de mon expérience du Japon.
Quel regard portez-vous sur l'initiative de vos anciens amis de créer une "UDF nationaliste"? Avez-vous renoncé à défendre l'idée d'un "compromis nationaliste" entre toutes les franges de l'extrême droite française?
Je ne me considère pas comme "extrémiste". Je ne souhaite pas l'union des "franges de l'extrême droite française", mais celle de tous les patriotes. Je n'y ai pas renoncé. Mais l'on ne peut réconcilier que des gens qui le souhaitent, de part et d'autre.
Benedetti, bras droit de Bruno Gollnisch, a pris deux ans. Deux ans exclu du FN après sa comparution devant la commission des conflits. Deux ans loin de la Pucelle de Montretout. Ce n'est pas une surprise, dans le contexte de "dégollnisation" du FuN.
Gollnisch a-t-il tempêté, menacé, s'est-il dit prêt à quitter le FN si Marine ne revenait pas sur sa décision? Bien sûr que non! De même que la sanction était attendue, la réaction de Gollnisch est elle aussi d'une platitude déconcertante. L'as des larmes de crocodile a exprimé son immense douleur, comme d'habitude:
De son côté, Bruno Gollnisch s’est dit «très déçu» par la conclusion de cette affaire. «Je déplore cette exclusion, c’était un militant de très grande qualité, explique-t-il sur le site Préférence-nationale. J’aurais aimé que Marine Le Pen fasse preuve de davantage de mansuétude à son égard.»
B.G est décidément quelqu'un qui souffre le martyre au quotidien! Dès qu'on malmène l'un de ses proches, il est désappointé, contristé, abattu... Mais il reste! Il refuse la "dédiabolisation", qu'il a du mal à prononcer, et dont, de son propre aveu, il ne comprend pas l'intérêt (s'ensuivent ici souvent des phrases embrouillées, bafouillées, alors que le téléspectateur comprend davantage des messages clairs et simple, exemple: "vague bleu marine", "canard WC, encore une victoire de canard, coin-coin", etc); mais il reste! Le jour où, comme le disait Dieudonné dans RIVAROL, Marine dansera à moitié nue sur un char de la Gay Pride, on l'imagine, ne comprenant toujours pas mais suivant le mouvement, scout toujours prêt!
Certains diront qu'il arrangerait bien la Pucelle bleu marine, s'il s'en allait. Que ceux-là nous montrent quels bâtons il lui met dans les roues à l'intérieur du parti. La vérité est certainement plus simple: on se fait vieux, on sent bien qu'on n'est pas taillé pour le putsch ou même la protestation, alors à quoi bon tenter quoi que ce soit?
Il y a malgré tout dans l'attitude de BG un déficit d'amitié, ou de loyauté, qui s'est manifesté avant même la fin de la campagne interne. D'aucuns pensaient d'ailleurs qu'il servait le clan Le Pen, que sa candidature n'était qu'un leurre, une stratégie pour mieux asseoir l'autorité de la fille à papa. Les fachos ne sont pas à un complot prêt, direz-vous, mais l'explication avait malheureusement toutes les apparences de la réalité. Benedetti était de ceux qui défendaient Gollnisch bec et ongles contre cette accusation, affirmant au contraire que BG mettait toute son énergie dans la campagne.
Comprenez bien, Benedetti était l'un de ses plus proches, on ne parle pas d'un obscur soutien, ou d'un ami autoproclamé! La réaction de BG, même attendue, est donc assez lamentable. Mais il trouvera bien moyen, s'il est attaqué dans le courrier des lecteurs de notre cher RIVAROL, de monter sur ses grands chevaux, comme il ne s'est pas privé de le faire auparavant. Mieux vaut en rire, après tout, ce n'est pas parce qu'il est un ancien au FN qu'il n'est pas un politicien comme n'importe quel membre de l'UMPS.
Quant à Benedetti, le "militant de très grande qualité", il faut espérer qu'il ira déployer ses talents au sein d'un autre parti, qui ne soit pas un outil de promotion de l'Obamarine.
Le moins que l’on puisse dire est que le soufflé mariniste n’aura pas tardé à retomber. Le temps des sondages flatteurs, des zélés courtisans et des médias enamourés s’éloigne à grands pas, alors même que la campagne présidentielle n’est pas encore lancée.
Que s’est-il donc passé, en ces quelques mois, pour que l’euphorie se mue doucement mais surement en angoisse ? Dès la fin du Congrès qui avait vu l’intronisation en fanfare médiatique de la candidate du système, les premières fausses notes avaient mis à mal les sensibles oreilles de bien des patriotes. Le discours grandiloquent de la candidate putative à la présidentielle de 2012 avait pris à rebrousse poil la base militante –majoritairement lepeno-gollnischienne- qui avait fait le déplacement. L’héritière avait en effet tenu un discours ultra-républicain et droitdelhommiste, négligeant les fondamentaux de la culture frontiste ou, disons, de la droite nationale. Cela n’avait pas échappé aux observateurs médiatiques qui pour certains, tels Marianne, s’en étaient inquiétés. Un des ténors du Parti Socialiste, rompu aux stratégies politiciennes, avait exliqué dans l’hebdomadaire que cette faute tactique, qui avait refroidi beaucoup de militants, était à mettre sur le compte d’une absence de sens politique, qui tranchait avec celui dont avait toujours fait preuve le pater familias, en cinquante ans de vie politique.
De fait, ce n’était pas la première fois que la tsarine faisait montre de cette faiblesse. On se souvient ainsi qu’elle avait, trois ans auparavant, organisé une manifestation contre le travail clandestin, en s’en prenant aux restaurateurs et à leur Syndicat, la FNIH, cœur de cible historique du populisme français, et symbole s’il en est du terroir et de l’identité française. L’ombrageux gersois André Daguin, figure historique du mouvement des restaurateurs, n’en était pas revenu. Deux ans plus tôt, c’est encore elle qui se prononçait en faveur du travail du dimanche, heurtant de plein fouet tant l’électorat ouvrier que la mouvance catholique, arguant que, somme toute, il y avait plus d’intérêt à faire ses courses le dimanche qu’à se « partager un poulet à douze » ( ?). Plus loin encore, en 2003, elle expliquait aux dirigeants du FN médusés, Jean-Claude Martinez en tête, que le Front National devait abandonner la thématique de l’immigration…
Mais ces « petites » fausses notes ne résistaient pas à l’euphorie sondagière et médiatique. Tant que « Marine », pouvait se targuer de briser l’omerta des médias, puis de permettre au Front National de renouer avec le succès à la suite de la débâcle des législatives de 2007, on lui pardonnait tout, ou presque. Même le Président fondateur s’était fait à l’idée d’une transmission de flambeau à ses yeux prématurée, afin d’éviter un dépôt de bilan pour raisons financières.
Seulement voilà, passé l’effet de mode et la propagande successorale, le réel n’a pas manqué de faire son grand retour, ainsi que le prophétisait Médialibre dès l’élection de la nouvelle présidente. Les enquêtes d’opinion, qui donnaient à Marine Le Pen entre 20 et 23 % d’intentions de vote à la présidentielle, ne lui en accordent plus désormais qu’entre 13 et 17. Les prédictions d’Alain Soral, spécialiste –entre autres- du calendrier Maya, qui voyait Marine en ultime recours face à DSK et l’apocalypse, ont d’ores et déjà, pour reprendre une formule de Dieudonné, « comme un arrière goût de pisse ».
Aussi, ce qui passait à l’époque pour des erreurs de jeunesse commence à en inquiéter plus d’un au « Carré », le siège du mouvement, à commencer par Le Pen père et Bruno Gollnisch. D’autant que l’absence de sens politique précédemment évoquée, ne se manifeste plus seulement au plan des idées, mais également dans le domaine managérial.
Les pupurges à répétition d’abord, qui sont autant de gestes d’allégeance au pouvoir en place, et qui n’en finissent plus de créer des remous dans le mouvement. Dernière initiative de la « Présidente », l’exclusion d’Yvan Benedetti, bras droit de Bruno Gollnisch, accusé par des journalistes « antifas » de s’être déclaré « antisioniste et antisémite ». Même si la candidate a pris la peine de la limiter à deux ans, signe d’une certaine fébrilité, cette décision est en réalité désapprouvée par un nombre croissant de cadres, parfaitement conscients de la faiblesse structurelle du parti, en rien compensée par la sacro-sainte « dédiabolisation ».
Le déroulement de la commission de discipline qui précédait l’excommunication annoncée de Benedetti sur la base de racontars gauchistes, fût de ce point de vue édifiante. Composée de Walleyrand de Saint-Just trésorier, de Jean Marie Marie Le Pen, Bruno Gollnisch, d’Alain Jamet, vice président, de Steeve Briois, secrétaire général, de Marie-Christine Arnautu, Eric Domard, Bruno Subtil et enfin Jean François Jalkh, délégué général, elle fit clairement apparaître deux camps. D’un côté, Briois , Saint Just et Domard, -Tel Aviv moins les Russes – particulièrement arrogants et venimeux, pressés d’en finir avec l’hétérosexuel antisioniste. Saint Just s’en prenait même vivement à Bruno Gollnisch accusé, sans rire, d’être dans cette affaire juge et partie. De l’autre, Le Pen, Gollnisch, Jamet ou Subtil approuvant ouvertement la défense de Benedetti, qui a fait un procès en conformisme à l’actuelle direction, accusée de se soumettre sans preuve aux oukases gauchistes. Ambiance.
Par ailleurs, l’arrivée annoncée de Nicolas Crochet comme directeur de campagne de la candidate ne fait pas que des heureux. Outre qu’il est lui aussi, extérieur au parti dont il fut membre jusqu’en 1992, date à laquelle il occupait les fonctions de responsable FNJ dans le Nord, ce garçon réputé « bling bling », a pour lui d’avoir été à l’époque dans une relation… disons de grande proximité avec la Présidente du Parti. Il n’en fallait pas plus pour exaspérer Louis Aliot, vice-président du mouvement et compagnon de Marine Le Pen. « Louis », garçon sympathique et bon camarade, qui allie tant bien que mal l’impétuosité du rugbyman méridional à la patience reptilienne du sépharade, avait déjà bien des difficultés à supporter la montée en puissance du clan mégrétiste de Philippe Olivier et Nicolas Bay, et l’omniprésence de Bilde et Briois, alias Albin et Rénato pour les (anciens) militants. Il lui fallait de surcroît endurer les humiliations publiques et quotidiennes dont sa chère et tendre a le secret, tout particulièrement avec ses hommes. Cette trouvaille, typiquement marinienne, n’est certainement pas de nature à détendre l’atmosphère.
Ces conflits humains ne contribuent pas peu à donner une impression de navigation à vue, au gré des exigences des uns et des autres, et de leur influence du moment. Un état de fait qui a pour conséquence de démotiver le FN non officiel, autrement dit celui des conseillers occultes, qui ont en commun de n’être d’accord sur rien ou presque. Certains d’entre eux et pas des moindres, prennent aujourd’hui officieusement leurs distances, convaincus que ce joyeux bordel ne mènera à rien de bon et que, selon l’expression de l’un d’entre eux, « elle ne tiendra pas la distance ».
Mais revenons sur le terrain des idées et du « sens politique » de Marine Le Pen que nous évoquions en début d’article. Celui fait de nouveau débat depuis que les sondages sont en baisse, et que la frénésie médiatique s’estompe. Au menu, deux pommes de discorde principales, l’une relative à l’euro et l’autre à la laïcité.
Si sur le fond, tous les dirigeants du parti sont d’accord pour redonner à la France, le moment venu, sa pleine souveraineté monétaire, beaucoup pensent que la position de Marine, consistant à demander la sortie immédiate de l’euro, est politiquement contre-productive. Car si sur le papier, la dénonciation de la dictature et du racket bancaire et monétaire sur la base d’arguments fordiens, a tout pour convaincre des militants nationalistes formés, il n’est guère recevable pour l’opinion publique en l’état actuel des choses. Certes, une situation de crise grave peut amener le peuple à remettre en cause la légitimité d’un régime – et l’on songe avec nostalgie aux brouettes allemandes… – mais les situations « pré-révolutionnaires » créent l’effet inverse. L’inquiétude de la population la pousse au conservatisme et à la frilosité, espérant sauver ce qui peut l’être. Il existe dans l’opinion des strates, avec des degrés de conscience politique spécifiques, et la validité d’un raisonnement ne signifie pas qu’il soit audible par toutes. La prise de position de Jean-Marie le Pen, qui a expliqué dans son journal de bord que le FN ne souhaitait pas la sortie de l’euro mais qu’on s’y prépare au cas, probable, où il s’effondrerait, est de ce point de vue significative et rejoint d’ailleurs la position historique de Gollnisch et du FN sur la question. Le peuple n’est pas un miroir…
Les déclamations de Marine Le Pen sur la laïcité sont également loin de faire l’unanimité. Outre qu’elles sont en rupture avec les positions historiques de la droite nationale, elles ne semblent guère en phase avec l’opinion, si ce n’est avec celle du lobby qui n’existe pas, dont l’intégrisme laïcard a toujours été un instrument de combat contre le catholicisme, et l’est aujourd’hui également contre l’Islam. Non seulement les milieux populaires, en dehors des cercles « natios », se contrefichent de l’Islam en tant que tel, mais il est assez paradoxal pour un dirigeant « nationaliste », ou patriote, de mener une croisade « laïque » dans un pays rongé par le narcissisme et l’individualisme, champion du monde –n’est-ce pas Marine- de l’anti-dépresseur amaigrissant… La « république des individus » préconisée par Marine Le Pen n’est rien d’autre que la république actuelle, dont la Présidente du FN défend finalement la survie. Le Front National, qui a longtemps incarné –ou tenté de le faire- une alternative civilisationnelle à la décivilisation marchande, semble aujourd’hui proposer un nationalisme défenseur de cette déstructuration, au non de je ne sais trop quel droit à la décadence. Tel n’est ni la vocation d’une authentique organisation nationaliste, ni assurément l’attente réelle mais en partie inconsciente du peuple.
Si cette mutation profonde du mouvement a pu être acceptée en échange de lendemains électoraux qui chantent sur fond de graves difficultés financières, elle ne manquera pas d’être vivement contestée en cas de changement de contexte. Voilà pourquoi le rétablissement des finances du parti et la baisse dans les sondages de la patronne du mouvement raisonnent comme un avis de tempête. Marine Le Pen a déjà perdu près de sept points d’intentions de vote en moyenne. Qu’elle en perde encore cinq d’ici à novembre, qui lui verra tenir sa « convention présidentielle », et sa stratégie se trouvera frontalement contestée. D’aucuns dès lors ne manqueraient pas de se positionner en recours.
Si l’on ne peut encore évoquer un scénario à la Liepietz, qui avait vu les Verts écarter ce « rescapé de la SNCF » après l’avoir investi, on peut d’ores et déjà affirmer que les mois qui viennent ne seront pas un long fleuve tranquille pour la dame de Montretout.
Médialibre avait annoncé plusieurs semaines avant l’affaire DSK sa non-candidature à la présidentielle. Pour ce qui est de Marine Le Pen, nous nous en tenons à un pronostic de graves turbulences sur fond d’effondrement prévisible des intentions de vote. La rentrée s’annonce palpitante…
Benedetti est exclu du FN, la purge des gollnischiens continue
Le verdict est tombé. Yvan Benedetti, conseiller municipal de Vénissieux et bras droit de Bruno Gollnisch à Lyon, vient d’être exclu durant deux ans du Front national selon son entourage
La commission des conflits comprenant onze membres de la direction du parti s’était prononcée pour une exclusion de deux ans. Son rôle n’étant que consultatif, c’est Marine Le Pen qui a aujourd’hui acté cette décision. « La lettre lui annonçant la décision est partie et il devrait la recevoir prochainement« , nous a confirmé Bruno Bilde, le chef de cabinet de Marine Le Pen.
Gollnisch : « Je déplore cette décision »
Contacté par Préférence-nationale.net, Bruno Gollnisch s’est dit “très déçu” par cette décision. “Je déplore cette exclusion, c’était un militant de très grande qualité, j’aurais aimé que Marine Le Pen fasse preuve de davantage de mansuétude à son égard dans cette période de ralliement venant de bords très divers.”
Après les expulsions d’Olivier Wyssa, de Jean-Loup Lacheysserie et d’Alexandre Gabriac en avril dernier, s’agit-il d’une nouvelle purge des proches de Bruno Gollnisch dans son fief de la fédération Rhônes-Alpes ? L’eurodéputé n’élude pas cette hypothèse, “ça peut en donner l’impression et c’est navrant”.
Trois erreurs majeures
Il a été reproché à Yvan Benedetti trois erreurs majeures, compte tenu de la ligne politique choisie par la présidente du Front nationale. Tout d’abord, “l’agression”, selon Bruno Bilde, d’un membre de la direction du FNJ à Lyon, “il y a trois semaines”.
Autre souci, la diffusion d’un communiqué virulent suite à l’annulation de l’interview de Marine Le Pen sur Radio J: Yvan Benedetti y expliquait, que les positions du FN (“refus du mondialisme”, “la tyrannie de l’Europe de Bruxelles, de notre inféodation à l’OTAN, le refus de la disparition de notre identité »), rencontraient l’hostilité “d’associations communautaires dont le souci premier est la défense de l’État d’Israël.“ Mais il attaquait surtout la “prétendue dédiabolisation” défendue par Marine Le Pen. “Après le refus du voyage en Israël, la tempête médiatique autour des «occupations», l’annulation de Radio J sonne comme une confirmation. A croire que certains veulent nous persuader que la défense de la France et des Français est largement incompatible avec l’entretien de rapports normaux avec les représentants autoproclamés de la «communauté», qui sont aux services d’intérêts qui ne sont pas les nôtres.” Suite à quoi étaient évoquées les pressions “du lobby”…
Enfin, le FN n’a pas apprécié les propos antisémites d’Yvan Benedetti rapportés par le site Trans-Europe-Extrême: «Je suis anti-sionniste, antisémite, anti-juif». L’homme s’était défendu après leur publication expliquant qu’ils avaient été prononcés sur «le ton de l’humour et du sarcasme». Un humour auquel n’a pas goûté la nouvelle direction du Front.
Au-delà de ces considérations, la direction du FN ne goûtait pas les rapport ambigus que continuait d’entretenir Yvan Benedetti avec l’Œuvre française, groupuscule d’inspiration pétainiste, dont il assurait pourtant avoir quitté les rangs depuis un an.
Il se dit et s’écrit beaucoup trop de choses depuis mon passage devant la commission des conflits du Front National, le mercredi 29 juin 2011.
Durant plus d’une heure, j’ai eu l’occasion de répondre point par point aux nombreux chefs d’accusation dont je faisais l’objet, que ce soit à propos du communiqué de soutien à Marine Le Pen que j’avais publié en réaction à l’annulation de l’invitation de la présidente du Front National sur Radio J ou encore des déclarations que me prêtait une élève en école de journalisme, en mal de publicité et à la recherche d’une bonne note à ses examens de fin d’année.
Je ne suis ni dans l’après-FN, ni dans l’après-Le Pen, mais toujours membre du Front National dont j’ai défendu les couleurs à toutes les dernières élections législatives, municipales, régionales et cantonales. Avec beaucoup d’autres, derrière Jean-Marie Le Pen, nous avons fait face à l’adversité pour maintenir à flots le mouvement, suite à la déroute des élections législatives de 2007, jusqu’à la renaissance électorale des régionales de 2010. J’ai été, avec ma collègue DanicaLjustina, un des rares élus lors des municipales de 2008. Lors du dernier congrès du mouvement, qui s’est tenu à Tours le 16 janvier, les adhérents du Front m’ont fait l’honneur de m’élire en bonne place au Comité central. Il me semble qu’aujourd’hui,personne ne peut douter de mon attachement à notre mouvement et à ses militants que j’ai appris à connaître et à aimer tout au long de mon engagement militant.
Je suis donc serein, dans l’attente de la décision de la Présidente du Front
National.
Yvan BENEDETTI Conseiller municipal de Vénissieux
Membre du Comité central du Front National
Secrétaire départemental adjoint du Rhône
Yvan Benedetti, conseiller municipal du Front national à Vénissieux, est connu pour sa proximité avec les milieux nationalistes radicaux. Il a notamment été un des dirigeants de l’Œuvre française, un groupuscule d’extrême droite fondé par Pierre Sidos. Dans une récente interview, accordée à des étudiants de l’école de journalisme (ESJ) de Lille, il s’est ouvertement déclaré “antisémite, antisioniste, anti-juif”. Le FN, que l’on sait engagé dans une stratégie de dédiabolisation depuis que Marine Le Pen en a pris les rênes, a décidé de le convoquer devant une commission de discipline.
Pour Yvan Benedetti, interrogé par l’AFP, cette convocation, prévue le 16 juin prochain, “s’inscrit dans une véritable purge”. L’élu vénissian est en effet un proche et un partisan de Bruno Gollnisch, le rival malheureux de Marine Le Pen. Il aurait prononcé ces mots, se défend-il, “sur le ton de l’humour et du sarcasme pour souligner les caricatures” dont est selon lui victime l’Œuvre française. Les étudiants de l’ESJ, cités par nos confrères de Nord éclair, assurent pour leur part que les propos d’Yvan Benedetti ne souffraient d’aucune ambiguïté et qu’ils n’ont pas été prononcés sur le ton de la rigolade.
Source : http://www.expressions-venissieux.fr
Le FN se débarrasse de ses cadres encombrants
PARIS (Reuters) - Plusieurs cadres et élus du Front national accusés d'être sortis de la ligne modérée fixée par Marine Le Pen sont convoqués le 16 juin devant la commission des conflits, où ils risquent du blâme à l'exclusion.
La fermeté affichée par la présidente du FN, qui avait déjà exclu du parti en avril dernier Alexandre Gabriac, un candidat aux élections cantonales photographié en train de faire le salut nazi, ainsi que 12 autres militants, suscite des tensions.
Mais Steeve Briois, secrétaire général du FN, dément toute purge visant des proches de Bruno Gollnisch, le rival malheureux de Marine Le Pen pour la direction du parti.
"On demande seulement que les cadres du mouvement soient disciplinés et efficaces. Il n'y a pas et il n'y aura pas de purge", dit-il à Reuters.
Steeve Briois souligne que depuis sa nomination au secrétariat général, en janvier dernier, 10 secrétaires généraux ont été renouvelés, dont huit proches de Marine Le Pen.
"Il n'y a pas de réflexe clanique au sein de l'appareil, mais il n'y a pas non plus de traitement de faveur pour des soutiens de Bruno Gollnisch", assure-t-il.
En pleine stratégie de "dédiabolisation", le FN multiplie néanmoins les convocations de ses soutiens "encombrants" devant la commission de discipline.
L'un des militants attendus le 16 juin, Yvan Benedetti, conseiller municipal de Vénissieux (Rhône), a dénoncé "une véritable purge pour isoler et marginaliser Bruno Gollnisch".
Ancien dirigeant du groupe d'extrême droite l'Oeuvre française, qu'il dit avoir quitté en août 2010, il a été l'un des animateurs de la campagne du député européen pour la présidence de FN.
Alexandre Gabriac, le conseiller régional de la région Rhône-Alpes récemment sanctionné, était lui aussi un ancien sympathisant de l'Oeuvre française.
JEUNE ADOLESCENT BLOND
La plupart des treize militants exclus en avril étaient en outre membres de la fédération Rhône-Alpes, fief de Bruno Gollnisch.
Yvan Benedetti est accusé de s'être déclaré "antisioniste, antisémite et anti-juif" dans une interview à des étudiants d'une école de journalisme.
Il aurait également participé le 8 mai à Paris à une manifestation organisée par des mouvements de l'extrême droite radicale.
Partisan de Marine Le Pen, Thierry Maillard est lui aussi convoqué 16 juin pour s'être mal conduit avec des journalistes de la région Champagne-Ardenne.
"Je n'ai jamais fait le salut nazi, j'ai quitté l'Oeuvre française il y a plus de quinze ans et je suis fâché avec Yvan Benedetti", dit-il à Reuters, estimant encourir des reproches mineurs.
Thierry Maillard peut mettre en avant son score aux élections cantonales de mars dernier, où il était arrivé en tête au premier tour dans le canton de Reims-9 avec 30,3% des voix, devant la socialiste Virginie Coez.
Mais le Canard Enchaîné publie mercredi une affiche du réseau "France nationaliste" animé par Thierry Maillard où figure, outre la croix celtique chère aux nationalistes révolutionnaires, la photo d'un jeune adolescent blond empruntée à une affiche des jeunesses hitlériennes de 1939.
"C'est un graphiste qui a fait cette affiche, je ne savais pas à partir de quoi il avait fait la photo. Je n'ai jamais été nazi", affirme-t-il.
Selon le blog "Droite (s) extrême (s)", Christian Bouchet, autre figure des nationalistes-révolutionnaires, ne risque pas l'exclusion mais a perdu son poste de secrétaire départemental adjoint de Loire-Atlantique.
La direction lui reproche d'animer le site VoxNR, "clairement nationaliste-révolutionnaire, antisioniste et pro-Iranien", précise le site.
Gérard Bon
Un nouveau proche de Gollnisch menacé d’exclusion du Front national
Rhône-Alpes. Il s’est présenté sur un site comme « antisémite ». « Humour » répond-il
Conseiller municipal FN de Vénissieux (Rhône), Yvan Benedetti est convoqué par les instances de son parti pour comparaître devant « la commission des conflits » le 16 juin prochain. Avec à la clé, un risque réel d’exclusion du Front national.
Une décision prise à la suite de propos tenus sur le site internet « Trans-Europe-Extrêmes ». M. Benedetti se présentant lui-même à cette occasion comme « antisioniste, antisémite, antijuif ». « De l’humour et du sarcasme pour souligner les caricatures », s’est défendu hier l’élu, interrogé par l’AFP.
Membre du comité central du FN depuis le début de l’année, Yvan Benedetti est également l’un des bras droits de Bruno Gollnisch, en course il y a encore quelques semaines pour disputer la présidence du parti à Marine Le Pen. Ce qui lui fait dire que sa convocation « s’inscrit dans une véritable purge » pour « isoler et marginaliser Bruno Gollnisch » a indiqué le conseiller municipal.
Car deux proches de Bruno Gollnisch, tous deux conseillers régionaux en Rhône-Alpes, ont récemment été exclus. Alexandre Gabriac, photographié faisant le salut nazi, et Olivier Wyssa, accusé, il y a un mois, d’avoir retiré « brutalement » sa candidature aux cantonales dans l’Ain.
Des sanctions qui interviennent dans un contexte particulier. D’abord, elles sont l’occasion d’isoler un peu plus le député européen, rival de Marine Le Pen. Ensuite, elles répondent à la volonté de la nouvelle présidente de lisser l’image de son parti dans le cadre d’une stratégie de « dédiabolisation ». Car Yvan Benedetti, loin d’être un adhérent lambda, est réputé très proche des mouvements nationalistes. Ancien directeur de Jeune Nation, « organe nationaliste d’information », il adhérait jusqu’à il y a peu à l’Œuvre française, présidée par Pierre Sidos, fondateur du mouvement Occident.
À noter que « la commission des conflits » est un organe consultatif. La présidente du FN peut donc statuer de manière discrétionnaire en passant outre son avis.
Contacté hier par Le Progrès, Bruno Gollnisch n’a pas souhaité faire de commentaires.
Geoffrey Mercier
Un élu, très proche de Gollnisch, dénonce une "purge" au FN
Un élu du FN, Yvan Benedetti, très proche de Bruno Gollnisch, a dénoncé lundi une "purge" au sein du parti d'extrême droite après sa convocation devant la Commission des conflits du mouvement, notamment pour des propos où il se déclare "antisémite", ce qu'il a démenti.
AFP - Un élu du FN, Yvan Benedetti, très proche de Bruno Gollnisch, a dénoncé lundi une "purge" au sein du parti d'extrême droite après sa convocation devant la Commission des conflits du mouvement, notamment pour des propos où il se déclare "antisémite", ce qu'il a démenti.
Conseiller municipal de Vénissieux (Rhône), Yvan Benedetti a été l'un des principaux animateurs de la campagne interne de Bruno Gollnisch, rival malheureux de Marine Le Pen pour la succession de Jean-Marie Le Pen et élu de Rhône-Alpes.
Parmi ses motifs de convocation devant la Commission des conflits du FN figure une déclaration sur le site internet Trans-Europe-Extrêmes, tenu par les étudiants de l'Ecole supérieure de journalisme de Lille, où l'élu se présente lui-même en se disant "antisioniste, antisémite, anti-juif".
M. Benedetti a déclaré lundi à l'AFP avoir prononcé ces mots sur le ton "de l'humour et du sarcasme pour souligner les caricatures" dont est selon lui victime l'Oeuvre française, groupuscule d'extrême droite dont il est proche.
Vendredi 3 juin, soit trois semaines après la parution de l'article, Trans-Europe-Extrêmes précisait n'avoir reçu "aucune demande de droit de réponse".
Selon Yvan Benedetti, sa convocation, prévue le 16 juin, "s'inscrit dans une véritable purge" pour "isoler et marginaliser Bruno Gollnisch" au sein du FN, après les exclusions de deux conseillers régionaux de Rhône-Alpes, eux aussi proches du député européen, Alexandre Gabriac et Olivier Wyssa.
M. Gabriac a été exclu par Marine Le Pen pour des photos le montrant en train de faire le salut nazi sur internet, tandis qu'Olivier Wyssa avait été accusé d'avoir déserté tardivement la campagne des cantonales.
Yvan Benedetti a également qualifié la Commission des conflits de "véritable tribunal révolutionnaire" et dit se faire "peu d'illusions" sur son exclusion du parti dirigé par Marine Le Pen.
Contacté par l'AFP, Bruno Gollnisch n'a pas souhaité réagir.
Selon des sources concordantes au FN, il est également reproché à Yvan Benedetti d'avoir été présent, le 8 mai dernier, à des manifestations organisées le matin par des mouvements d'extrême droite radicale et, l'après-midi, par les catholiques traditionalistes de l'institut Civitas.
D'autres cadres du FN ont fait partie du cortège de Civitas, dont Alexandre Simonnot, qui a soutenu Marine Le Pen lors de sa campagne interne. Ce dernier avait expliqué le 18 mai à l'AFP n'avoir fait l'objet d'aucune remontrance sur ce sujet.
Un autre frontiste, lui aussi soutien de Marine Le Pen lors du congrès, Thierry Maillard, fait l'objet d'une convocation disciplinaire pour des "comportements récurrents de provocation auprès de journalistes locaux", à Reims, a-t-on indiqué lundi dans l'entourage de la présidente du FN.
Sur le blog du Réseau France Nationaliste, dont il se présente comme le porte-parole, ce candidat aux cantonales (Reims-9) rendait récemment hommage à Jean-Marie Bastien-Thiry, fusillé en 1963 après deux attentats manqués contre le général de Gaulle.
FN: Vous avez dit « purges »?
L'essentiel: Yvan Benedetti, bras droit de Bruno Gollnisch est convoqué en commission de discipline le 16 juin. Il risque l'exclusion. Christian Bouchet, soutien de Marine Le Pen, est démis de ses fonctions de secrétaire départemental adjoint de Loire-Atlantique.- (Droites extrêmes)
Les militants pro-Gollnisch issus de l'Oeuvre française vont se faire de plus en plus rares au Front national. En pleine statégie de "dédiabolisation", le parti de Marine Le Pen multiplie les convocations à la commission de discipline de ces soutiens un peu "encombrants".
Fin avril, Alexandre Gabriac avait été exclu du FN, sur décision de Marine Le Pen, après qu'une photo le montrant faire le salut nazi devant un drapeau à croix gammée a été diffusée sur le site Internet du Nouvel Observateur.
En tout, il y a eu dix-sept convocations au mois d'avril dont quinze concernaient des militants pro-Gollnisch. Parmi ces quinze, treize sont de la fédération Rhône-Alpes, fief à la fois du candidat malheureux au congrès et de l'Oeuvre française, le groupuscule pétainiste et antisémite de Pierre Sidos. Au final, treize militants ont été exclus, deux cas sont en attente de décision.
Mais une dernière convocation, pour le 16 juin, concerne Yvan Benedetti. Dirigeant de l'Oeuvre française - qu'il a quitté "officiellement" le 1er aout 2010 mais dont il continue à organiser les troupes- il a été le chef d'orchestre de la campagne de Bruno Gollnisch pour le congrès. Il avait la main sur les Jeunes avec Gollnisch ainsi que sur l'association des Amis de Bruno Gollnisch. C'est un personnage important dans la galaxie des opposants à Marine Le Pen. Les marinistes ne l'aiment pas et il le leur rend bien.
En octobre 2010, il avait déjà été convoqué devant l'instance disciplinaire du Front national pour sa double appartenance au FN et à l'Oeuvre Française. Il avait été relaxé. Là, ça risque d'être plus difficile pour lui. On lui reproche notamment d'avoir agressé physiquement un militant FNJ et d'avoir participé à des manifestations le matin et l'après-midi du 8 mai non organisées par le FN (voir ici et là). S'agissant de celle du matin, M. Benedetti avait indiqué à l'AFP être là "en tant que spectateur". L'après-midi, il était dans le cortège de l'institut Civitas, tout comme Alexandre Simonnot et Cyril Bozonnet, deux cadres marinistes.
Ou encore d'avoir déclaré à une étudiante en journalisme de l'ESJ qui contribue au site Trans-Europe extrêmes qu'il était "antisioniste, antisémite, antijuif". Des déclarations qui laisse dubitatif même Louis Aliot, un de ses adversaires les plus combatifs. "Est-ce que c'est vrai? C'est tellement gros que ça me paraît suspect. Mais nul doute, le connaissant, qu'il l'assumera s'il l'a dit.". Pour l'heure, aucun droit de réponse n'a été publié sur le site de Trans-Europe extrêmes.
Fusibles "marinistes"
Un autre motif de convocation est son communiqué de soutien à Marine Le Pen après l'annulation de sa participation au Forum de Radio J. Un texte que la direction du Front juge provocateur.
Bruno Gollnisch se trouve ainsi de plus en plus isolé au sein du Front national. Déjà, la 1er mai, il avait été privé de tribune (voir ici). Aujourd'hui, celui qui a recueilli plus de 30% des voix lors du congrès interne, pourrait se retrouver sans troupes. Un problème qui pourrait se décliner au conseil régional de Rhône-Alpes, où siègent Alexandre Gabriac et Olivier Wyssa (vice-président du groupe FN) qui a démissionné avant d'avoir son exclusion prononcée.
Du côté de la direction du FN, on rejette l'idée d'un quelconque "purge" des pro-Gollnisch. "Ce sont les gens du département de l'Ain. Ils ont retiré leurs candidatures aux cantonales, deux semaines avant le dépôt officiel. Ils disaient que c'était parce que Marine Le Pen avait gagné. C'est un scandale abominable d'agir comme ça, c'est dégueulasse!", tempête Wallerand de St-Just, membre de la commission de discipline. Sur l'Oeuvre française, il ajoute qu'un "mur sera dressé entre le FN et eux. Aucun entrisme ne sera toléré. Il y a la question du positionnement politique et de leur comportement, avec la perpétuelle référence au fascisme et au nazisme".
Chez les "marinistes", on veut aussi se séparer des soutiens "embarrassants". Partisan de Marine Le Pen, Thierry Maillard est ainsi attendu devant la commission de discipline du 16 juin. Ennemi juré d'Yvan Benedetti (et inversement), il est aussi passé par l'Oeuvre française. Sur un des blogs qu'il anime, il rend hommage aussi bien à Jacques Doriot qu'à François Duprat. Ce n'est pas cela qu'on lui reproche, mais de s'être accroché avec un journaliste de France 3.
Autre "fusible" de leur camp que les marinistes font sauter: Christian Bouchet. Lui ne risque pas l'exclusion mais cette figure des nationalistes-révolutionnaires n'est plus secrétaire départemental adjoint de Loire-Atlantique. La raison officielle: le site VoxNR, clairement nationaliste-révolutionnaire, antisioniste et pro-Iranien, qu'anime M. Bouchet.
"On ne peut pas animer des sites qui n'ont rien à voir avec le Front et avoir des responsabilités", justifie Louis Aliot qui, pourtant, a la main sur Nations Presse info, site ultra-mariniste qui reprend régulièrement des textes de VoxNR.
Déjà, Marine Le Pen s'était désolidarisé de lui, lors de son interview à la radio israélienne, 90FM, au mois de mars.
M. Bouchet, quant à lui, préfère présenter cela comme sa "démission". Voici ce qu'il nous a écrit ce jour : "Je suis surpris que ma démission du poste de Secrétaire départemental adjoint ait pu vous être annoncée, et, semble-t-il, confirmée, alors que si je l'avais envisagée, je ne l'avais pas encore formalisée (...). Cette démission, maintenant effective, n'est motivée par aucune pression interne ou externe au Front national et n'a aucune raison politique ou idéologique. Ce qui m'avait conduit à l'envisager était une double nécessité : me libérer du temps pour mener à bien d'autres activités, principalement axées autour de la presse; de permettre une remise à plat de l'organisation de la fédération 44 du FN, au bureau de laquelle je continue d'appartenir et dont j'envisage de porter les couleurs lors des élections à venir.
En aucun cas, cette démission ne constitue de ma part la manifestation d'un éloignement du Front national ou d'un désaccord avec la ligne que celui-ci suit. Tout au contraire, je me félicite chaque jour de l'action de Marine Le Pen et des positions qu'elle prend, et mon soutien à celle-ci est total."
"DÉFRONTISATION" ET "DEGOLLNISATION" SONT LES DEUX MAMELLES DU FN "LIGHT"
Dans son édition du 2 mai 2011, sous la plume de Christophe Forcari Libération évoquait les tensions qui continuent d’agiter le Front national. Epinglé notamment dans l’article, Steeve Briois, le nouveau secrétaire général du FN et ex félon de 1998 . Selon le journaliste de Libé celui ci commencerait (mais il n’est pas le seul parait-il…) à énerver "grave" une partie de l’appareil frontiste et notamment les soutiens les plus anciens de Marine Le Pen et le journal de citer le cas de Guillaume Vouzellaud un fidèle d’entre les fidèles de la fille du chef démissionnant de ses fonctions de responsable du développement numérique après avoir reçu « " un courrier dur, très dur pour ne pas dire incompréhensible" de Steeve Briois l’accusant de ne pas remplir ses fonctions ». Autre motif de grogne pour un autre cadre du parti frontiste, "depuis l’affaire Gabriac, on a l’impression que c’est la presse ou le buzz sur internet qui dicte sa loi au parti en matière d’exclusion de militants, dès qu’une photo ou qu’un blog jugé litigieux par nos adversaires est cité , le coupable est de facto traduit devant le conseil de discipline…où va t-on, comme ça ?"
Dans le même temps, la nouvelle direction du Front national poursuit son œuvre de "défrontisation" et de "dégollnisation" active.
Le conseil de discipline, rebaptisé pudiquement "commission de conciliation" devrait se réunir à nouveau très prochainement (le 16 juin, selon nos informations) pour trancher sur l’avenir au FN d’un proche de Bruno Gollnisch, Yvan Benedetti [1] [2]. Elu en Rhône-Alpes, Yvan Benedetti était également le "coordinateur national" de la campagne de Bruno Gollnisch lors des primaires du FN pour désigner le successeur de Jean-Marie Le Pen. Durant la campagne, il avait été durement dénoncé par les partisans de Marine Le Pen comme étant proche du mouvement de Pierre Sidos, l’Œuvre française [3] [4] . Son exclusion si elle devait être prononcée marquerait clairement la volonté de la nouvelle direction du Front national de faire le vide autour de l’ancien dauphin de Jean-Marie Le Pen.
Déjà, le 17 avril dernier la "commission de conciliation" avait fait comparaître dix-sept militants dont quinze étaient réputés proches de Bruno Gollnisch. Sur les quinze, treize d’entre eux ont été déjà exclus le sort des deux autres restant à ce jour en suspend.
Notes
[1] Benedetti n’est pas le seul à comparaître ce jour là mais son cas nous a semblé le plus emblématique de par sa proximité avec Bruno Gollnisch…. Bien que… puisque va également comparaître une adhérente, femme d’un militant qui est lui-même passé dans la charrette du 17 avril…
[2] Benedetti est notamment convoqué devant la commission de discipline pour avoir assisté de loin au 2 défilés du 8 mai en l’honneur de Jeanne d’Arc et pour avoir communiqué avec la presse sans autorisation de la direction du FN…
[3] Une proximité qui lui a valu de comparaître une première fois devant la commission de discipline.
[4] [DES “GOLLNISCHIENS” DEVANT LA COMMISSION DE DISCIPLINE DU FN]->http://www.national-hebdo.net/DES-G...